Il récusera le titre de "monstre sacré". C'est pourtant ainsi qu'on peut qualifier Jean Piat. À 84 ans, il s'empare à son tour de La maison du lac,
C'est mon producteur Pascal Héritier qui, après avoir revu le film, m'a suggéré de reprendre le rôle". Celui de Norman Thayer. Avec sa femme Ethel, il vient comme chaque année passer l'été dans sa maison de vacances. Leur fille Chelsea leur rend visite avec son nouveau fiancé et son jeune fils Billy.
D'abord méfiant, le rapport entre Norman et Billy se transforme peu à peu: "C'est un sujet universel qui m'a intéressé. Les problèmes entre les filles et les pères sont dans toutes les nationalités. J'ai eu deux filles..."
Au départ, en 1981, se trouve la pièce On Golden Pond -du nom de la villégiature-, d'Ernest Thompson: "Je me suis plutôt rapproché du scénario de cinéma, précise le comédien.
La pièce avait quelques traces de ralentissement, de vieillissement, que l'auteur avait lui-même retouché. Nous avons replacé sur scène un peu du scénario du film. Le lac en moins".
En 1982, le grand écran réunit Henry Fonda et Katharine Hepburn.
Autres monstres sacrés. De même que Jean Marais et Edwige Feuillère, sur scène en France en 1987. Comme partenaire, Piat devait avoir Danielle Darrieux. Mais, à 91 ans, une mauvaise chute, à quelques jours de la première parisienne, a eu raison de sa participation: "L'équipe était dans une détresse épouvantable, se souvient-il. On s'est creusé la tête.
Puis j'ai décidé Maria Pacôme, qui ne voulait plus faire de théâtre. Une sorte de miracle".
Son aînée d'un an, l'actrice a le tempérament que l'on sait: "L'harmonie de ce couple de théâtre est née de nos différences, constate Jean Piat. Elle accueille mes rudesses avec le sourire".